Précédent
Suivant

Septembre 2015 : Rodin graveur

Septembre 2015 : Rodin graveur

Parmi les dernières nouveautés figurent des estampes d’Auguste Rodin (1840-1917).
C’est en 1881, lors de son premier voyage en Angleterre, que Rodin fait l’apprentissage de la gravure. Son ami Alphonse Legros (1837-1911), peintre et graveur français installé à Londres, l’initie à la technique de la gravure sur cuivre, et plus précisément à l’eau-forte et à la pointe sèche. Bien qu’il acquière vite une véritable maîtrise dans ce domaine, l’oeuvre gravé de Rodin ne comporte que peu de pièces. Dans le second tome de son Manuel de l’amateur d’estampes des XIXème et XXème siècles, Loÿs Delteil décompte seulement 12 pointes-sèches et 5 lithographies, mais, comme il l’ajoute « L’importance n’est pas en raison du nombre, mais de la qualité des œuvres, et les pointes-sèches de Rodin, grandes comme la main, comptent cependant parmi les plus belles œuvres gravées pendant tout le cours d’un siècle ».
Si ses premières gravures, comme Les Amours conduisant le Monde ou Le Buste de Bellone, laissent encore transparaître l’influence de Legros, la personnalité de Rodin va rapidement s’affirmer. Ainsi son sens sculptural s’impose notamment pour La Ronde qui semble traitée et modelée comme un bas-relief ou pour le portrait d’Henry Becque dans lequel Rodin multiplie les points de vue et recrée, en quelque sorte, une vision en 3 dimensions en réalisant sur une même plaque de cuivre, la face et les deux profils de l’écrivain. Tout aussi remarquable, le portrait qu’il réalisa de Victor Hugo pour lequel Rodin a su restituer sur le visage d’Hugo une expression particulièrement vivante, comme saisie sur le vif, ce qui s’avère d’autant plus impressionnant lorsque l’on sait que Rodin a gravé ce portait d’après le buste en terre qu’il modela entre février et avril 1883 sans qu’Hugo consente à poser. Cette impression de spontanéité se trouve encore renforcée par la présence d’un second portrait gravé au bas, orienté différemment, comme esquissé par l’artiste.
Les estampes de Rodin suscitent l’admiration y compris des graveurs comme Charles Albert Waltner (1846-1925) qui le pousse à exposer ses premières réalisations, Bellone, Le Printemps et La Ronde, alors inédites, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1901.

EN SAVOIR PLUS
Roger Marx, Les Pointes sèches de M. Rodin dans la Gazette des Beaux-arts (1er mars 1902, Tome 27, 3ème période, 537ème livraison, p. 203-208). Disponible en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2031554/f238.image
Loÿs Delteil, Manuel de l’amateur d’estampes des XIXème et XXème siècles (1801-1924). Tome 2. Disponible en ligne : /idurl/1/6694