Actualités de Septembre 2016

Posté par inha sur sept 2, 2016 dans Expositions virtuelles | 0 commentaires

Parmi les dernières nouveautés mises en ligne figure un recueil de différents trophées gravés par Jean-Baptiste Huet (1745-1811) auquel le Musée Cognacq-Jay de Paris vient de consacrer une rétrospective au printemps.
Rendant hommage au talent d’un artiste qui reste aujourd’hui méconnu, cette première exposition monographique a permis de mettre en lumière cette figure du XVIIIe siècle qui s’illustra comme dessinateur, peintre, graveur mais aussi comme décorateur.

Jean-Baptiste Huet est le fils d’un peintre du garde-meuble du roi, qui était logé au Louvre, et c’est là qu’il naquit en octobre 1745. Descendant d’une importante lignée d’artistes, il bénéficie de ce contexte favorable et se forme d’abord dans son milieu familial. Il devient ensuite l’élève du peintre animalier Charles Dagomer, puis de Jean-Baptiste Le Prince, disciple de François Boucher. Riche des influences conjuguées de sa famille et de ses maîtres, et doté d’un sens accru de l’observation, Huet puisse également son inspiration dans la peinture italienne et flamande de la Renaissance ou du baroque. Il développe un style personnel, naturaliste et précis, et excelle dans ses thèmes de prédilection que sont les pastorales et les sujets animaliers. En 1769, il est reçu à l’Académie royale en tant que peintre animalier avec une toile conservée au musée du Louvre intitulée Un Dogue se jetant sur des oies, il expose ensuite régulièrement au Salon de 1769 à 1802.

Bien qu’Huet soit lui même graveur, habile notamment en ce qui concerne l’eau-forte, il confie la reproduction de nombre de ses oeuvres à Gilles Demarteau, dit Demarteau l’aîné, connu pour avoir perfectionner et populariser la gravure à la manière de crayon, technique permettant d’obtenir en gravure le rendu du dessin. Devenu amis, l’artiste et le graveur collaborent jusqu’en 1776 (année de décès de Demarteau), notamment pour la publication de recueils gravés de modèles et d’ornements destinés aux artistes, artisans et amateurs.
En effet, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de nombreuses écoles de dessin apparaissent afin de répondre aux besoins en formation des apprentis artisans mais également pour parfaire l’éducation de jeunes élèves issus de l’élite sociale, le dessin connaissant un véritable essor en tant qu’art d’agrément. Ces écoles mettent à disposition des élèves des planches et des « livres à dessiner » pour servir de modèles. Les études, frises, trophées, compositions florales et animalières de Huet s’avèrent en parfaite adéquation pour satisfaire à des visées pédagogiques. Ses planches trouvent également toute leur utilité pour la décoration d’intérieur et les objets d’art décoratif.
Jean-Baptiste Huet, lui même, travaille en tant que décorateur. Il réalise, notamment, en compagnie de Boucher et Fragonard, les peintures murales pour le salon de Gilles Demarteau (aujourd’hui conservé au Musée Carnavalet). Il produit également des dessins et cartons pour la manufacture de tapisserie de Beauvais et pour celle de toiles imprimées de Jouy dirigée par Christophe Philippe Oberkampf. Le Victoria & Albert Museum en conserve de précieux exemples et certains de ses modèles sont encore utilisés aujourd’hui, preuve de l’esprit novateur des compositions élaborées par Huet.

 

Deux autres recueils contenant des gravures de Huet sont disponibles sur la bibliothèque numérique de l’INHA :
Quatorze Cahiers d’Arabesques dessinés par J. B. Huet, gravés en manière de crayon et édités par L. M. Bonnet, en 1782
Douze Cahiers d’animaux dessinés par Bouchardon, Desmoulins, Huet et Oudry

En savoir plus :
Catalogue de l’exposition du Musée Cognacq-Jay (Paris), du 6 février au 5 juin 2016 : Benjamin Couilleaux, Jean-Baptiste Huet : le plaisir de la nature, Paris, Paris-Musées, cop. 2015
Michaël Decrossas et Lucie Fléjou, Ornements : XVe-XIXe siècles : chefs-d’œuvre de la Bibliothèque de l’INHA, collections Jacques Doucet, Paris, Mare & Martin, cop. 2014
Cyrille Gabillot, Les Hüet : Jean Baptiste et ses trois fils, Paris, Librairie de l’art, 1892. Disponible en ligne : https://archive.org/details/leshetjeanbapt00gabi (consulté le 02/08/2016)
Roger Portalis, Dessinateurs d’illustrations au dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1877. Disponible en ligne : http://www.purl.org/yoolib/inha/14072 (consulté le 02/08/2016)

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